Les années se suivent et se ressemblent... La Coupe de France version 2009 n'aura apporté que peu de surprises. Les « petits » de la compétition ont été, à l'image des années précédentes, une nouvelle fois évincés rapidement. Hier soir, Rennes l'a emporté sur son terrain face à Rodez, club de National. Aucun club amateur, depuis Calais en 2000, n'est parvenu à se hisser en finale. Certes, c'était la première fois que cela se voyait.
Mais tous ces faits permettent de tirer une conclusion simple : la Coupe de France, sensée donner leur chance aux clubs de basses divisions, n'est pas vraiment ce qu'on attend d'elle. Une demi-finale de Coupe de France est identique à une demi-finale de Coupe de la Ligue : on n'y voit presque uniquement des clubs professionnels.
L'une des raisons de ce manque de suspense, c'est l'organisation de la compétition : les clubs les plus faibles s'affrontent en premier, et ceux de Ligue 1 ne débarquent qu'en 1/32ème de finale, ce qui signifie une arrivée massive de 20 clubs d'élite parmi 44 autres équipes... parmi lesquelles figurent déjà des clubs professionnels (ceux de National et de Ligue 2). Tout cela ne laisse que peu de chance aux « petits poucets » de la compétition : beaucoup auront déjà joué plusieurs matches de cette coupe, à cause des tours précédents, et se fatiguent beaucoup plus vite.
Peut-être faudrait-il revoir ce processus illogique de coupe, et réviser quelque peu le principe du « en amont de la hiérarchie du foot, on mérite d'intégrer plus tard la compétition ». Avec une telle mentalité, la Coupe de France n'a plus raison d'être : elle représentait tout de même la seule opportunité de reconnaissance pour les clubs amateurs, qui peuvent montrer leur valeur en quelques mois et défier les plus grands. Sans compter que cette coupe est extrêmement motivante, et crée des exploits inattendus.
Il serait donc intelligent de faire entrer les clubs professionnels en premier, puis les clubs amateurs. En toute logique, quelques-uns des clubs de Ligue 1, Ligue 2 ou National tomberont avant la fin de la compétition, mais cela redonnerait vie à la coupe. Ce système aurait pour intérêt de soulager les clubs amateurs, de leur donner leur chance sans pour autant écarter les professionnels qui, de par leur puissance, feraient tout de même un bon parcours. Si certains peuvent être sceptiques par rapport au lourd calendrier des clubs de Ligue 1, je répondrais que malgré la coupe d'Europe, les sélections en équipe nationale, la Coupe de France et la Coupe de la Ligue, quelques matches supplémentaires contre des amateurs (le plus souvent), ne mettront pas en danger leurs objectifs. De plus, cela ne pourra jamais équivaloir la fatigue physique des joueurs amateurs, beaucoup moins résistants, qui subissent souvent des enjeux importants en championnat et des matches de coupe très relevés.
La Coupe de France actuelle n'a pas que des inconvénients. Elle se veut tout de même humaine vis-à-vis des clubs « faibles »... du moins jusqu'à un certain moment de la compétition. La règle en vigueur est la suivante : jusqu'en quarts de finale, chaque match opposant deux équipes ayant deux divisions d'écart se jouera chez la plus faible.
Seulement voilà : ce procédé n'est valable qu'avant les quarts de finale. C'est pourquoi les clubs amateurs tombent si vite : s'il est rare de voir un club faible créer l'exploit sur son propre terrain, il est quasiment impossible de le voir gagner en terrain ennemi, qui plus est professionnel. Et les statistiques me donneront raison : Calais s'était frayé un chemin jusqu'en finale grâce à ses nombreux matches à domicile, Carquefou avait atteint les demi-finales de la même façon, Monceau Les Mines également.
Alors, pourquoi ne pas conserver jusqu'en demi-finale ce système si bénéfique ? Le choix du terrain permet d'équilibrer le match, de rétablir la parité. Et pourquoi ne pas réduire ce procédé à une division d'écart et non pas deux, comme il est question actuellement ?
Mais rassurez-vous, il n'y a pas que du mauvais sur nos terrains : la Coupe de France ne comporte qu'un match à chaque tour (pas de match retour) : cela évite aux clubs amateurs de subir un revers fatal au match retour, en cas d'exploit à l'aller. Sans compter que leur faire jouer deux fois un match de haut niveau leur laisse beaucoup moins de chances.
Et, pour terminer, la « nouvelle » règle me semble juste puisque dans la même optique: en cas de match nul, la partie n'est pas rejouée, mais débouche sur des prolongations (sans « but en or ») et éventuellement sur des tirs au but.
On me reprochera peut être de faire du favoritisme pour les clubs amateurs, mais n'oublions pas qu'en vérité, la plupart sont semi-professionnels, et sont les espoirs de demain : beaucoup parviennent à faire oublier la « loi du fric » et remontent plusieurs divisions pour finir par s'imposer (Wasquehal : de DH à D2 en 1997; Auxerre : de CFA2 à L1, etc...). Et n'oublions pas que beaucoup d'excellents joueurs en sont issus.
Et puis, n'est-ce pas le rôle de la Coupe de France, de mettre un trophée à la portée de nombreux clubs de l'Hexagone ?